[Review] La PlayStation Classic

En 2018, Sony a annoncé une version « mini » de sa première console, la PlayStation. La PlayStation est sortie dans les années 90 et a bouleversée l’univers du jeu vidéo en rendant, par exemple, accessible à tous les joueurs la 3D en temps réel. Comme pour les consoles mini de Nintendo, Sony a repensé entièrement sa console en proposant une nouvelle sortie vidéo, une nouvelle alimentation, des nouveaux  contrôleurs, etc.

Est-ce que la machine de Sony vaut le coup ? Vous allez vite découvrir qu’elle comporte des défauts qui auraient pu être évités…

La même, mais en plus petite

PlayStation Classic
Elle utilise le design du premier modèle.

Comme c’est le cas chez la concurrence, la PlayStation Classic de Sony reprend le design de son ancêtre, mais avec des modifications nécessaires pour être utilisable correctement de nos jours. La « mini » console de Sony est également 45 % plus petite que l’original. La réduction est encore plus flagrante que sur d’autres consoles rétro tel que la Super Nintendo ou encore le Commodore 64. Il s’agit d’une réduction possible, car les composants qui équipaient la première PlayStation ont des équivalents modernes plus petits et surtout plus puissants.

Il s’agit d’une copie parfaite de l’original, la finition est bonne et des détails tels que la fiche du contrôleur et l’emplacement pour les cartes mémoires ont été recrée, mais tout tient dans une main.

Une connectique revue

Le port vidéo RCA laisse place à l'HDMI.
Le port vidéo RCA laisse place à l’HDMI.

Adieu donc le port vidéo en RCA et bonjour au port HDMI. Ce dernier propose un affichage bloqué en 480 p (720 par 480 pixels) ou 720p maximum (1280 par 720 pixels), on aurait souhaité qu’il affiche du 1080p (1920 par 1080 pixel) mais ce n’est malheureusement pas le cas. C’est dommage étant donné que le format Full HD, ou 1080p, est devenu la norme depuis de nombreuses années et le format 4K commence à se démocratiser.

Concernant l’alimentation, il ne s’agit plus des mythiques câbles utilisé depuis la première PlayStation (et toujours utilisable sur nos PlayStation 4) mais d’un câble micro USB, semblable à ceux de nos smartphones. Sony n’a pas fourni d’adaptateur secteur nécessaire pour utiliser la console, cette dernière n’étant pas compatible avec l’ensemble des ports USB présent sur nos téléviseurs.

Des manettes revenues du passé

Les manettes sont des répliques du première modèle.
Les manettes sont des répliques du premier modèle.

À première vue, les deux manettes disponibles avec la PlayStation Classic sont inspirées du modèle original sortis avec la console. Il ne s’agit donc pas de DualShock, la révision qui était sortie quelques années après ajoutant un moteur de vibration et deux joysticks nécessaire dans certains jeux, comme Ape Escape.

J’ai trouvé que les manettes étaient particulièrement légères et elle semble être vide. Ce qui me laisse penser que Sony n’a pas proposé des manettes DualShock avec vibrations afin de faire des économies.

Les câbles sont également trop court et obligent de devoir être près de l’écran. On aurait souhaité des câbles plus grands comme ceux de la Super Nintendo Mini.

Un listing de jeux étrange

Une fois la console branchée et allumée, un menu des plus austères nous est affiché avec une sélection de 20 jeux que voici :

  1. Battle Arena Toshinden
  2. Cool Boarders 2
  3. Destruction Derby
  4. Final Fantasy VII
  5. Grand Theft Auto
  6. IQ : Intelligent Qube
  7. Jumping Flash!
  8. Metal Gear Solid
  9. Mr. Driller
  10. Oddworld: Abe’s Oddysee
  11. Rayman
  12. Resident Evil (Director’s Cut)
  13. Revelations: Persona
  14. Ridge Racer Type 4
  15. Super Puzzle Fighter II Turbo
  16. Syphon Filter
  17. Tekken 3
  18. Tom Clancy’s Rainbow Six
  19. Twisted Metal
  20. Wild Arms

La sélection est, dans son ensemble, très peu représentative de ce qu’il se faisait à l’époque sur la machine de Sony. Il manque des licences phares comme Tomb Raider, Crash Bandicoot, Time Crisis ou encore Silent Hill ! Cela s’explique très facilement par le fait que Sony a du négocier les droits d’exploitations avec des studios de développement externes et que ceux-ci n’ont pas acceptés.

Dans le cas de Crash Bandicoot ou Spyro The Dragon, l’absence peut également être justifiée par la sortie récente des remakes.

Final Fantasy fait parti des 20 jeux.
Final Fantasy fait parti des 20 jeux.

Une technique décevante

La qualité d’émulation sur la PlayStation Classic n’est pas réussie. La mini console de Sony est plus puissante que celle de Nintendo et pourtant, cette dernière ne permet pas un affichage en Full HD (1080). Les images ont également l’air délavées.

Pour rester dans la technique, certains jeux fonctionnent en format PAL 50Hz. Le format PAL 50Hz était la norme technique vidéo chez nous à l’époque. La différence avec le NTSC, c’est que nos jeux étaient plus lents que ceux de nos voisins américains par exemple. Maintenant, imaginez jouer à Tekken 3, un jeu de combat nerveux et fluide, tourner au ralenti ? Alors que celui-ci aurait pu être fourni au format NTSC…

C’était sans oublier des problèmes d’émulation, avec des sautes d’images, des saccades ou encore des scintillements. Le comble ? Sony utilise un émulateur open-source (PCSX ReARMed) alors qu’ils nous ont déjà proposé de la rétrocompatibilité sur leurs anciennes machines à partir d’un émulateur maison qui était plus performant.

La proposition que fait Sony avec cette PlayStation Classic est peu intéressante par rapport à la concurrence, et plus particulièrement Nintendo. Certes, la finition et la qualité globale de la machine sont bonnes, mais des défauts majeurs, qui auraient très clairement pu être évités, viennent entacher l’expérience de jeu.

Il manque également des classiques de la console, tel que Gran Turismo ou MediEvil par exemple. Mais surtout, le plus gros manque ce fait ressentir aux niveaux des fonctionnalités qui feraient la différence par rapport à d’autres machines du genre. Pourquoi ne pas proposer un store en ligne pour acheter d’autres jeux ? Des overlays pour cacher les bords noirs ? Un rewind comme sur SNES Mini ? Etc.

En attendant, sortie à la base au prix de 100 euros, la machine est désormais vendue aux alentours des 60 euros selon le magasin. Ce qui en fait, bien entendu, une offre plus intéressante qu’à son prix de lancement, beaucoup trop cher à mes yeux.

« Il manque quelque chose »

 

Maxim

Fan de jeux vidéo depuis mon enfance, j'ai eu l'occasion de jouer à énormément de licences, des plus connues aux moins connues. J'aime également la musique, le cinéma, le dessin et la photographie.

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