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Trente ans après l’explosion du manoir Spencer, la saga Resident Evil fête son 30e anniversaire – un événement rare dans l’industrie du jeu vidéo. Pour l’occasion, Capcom ne se contente pas de revisiter ses classiques. Avec Resident Evil 9 : Requiem, le studio propose un véritable « best of » de la série. Résultat : un condensé des meilleures idées, des peurs classiques et des mécaniques qui ont façonné le survival horror depuis 1996. Dès les premiers couloirs du Rhodes Hill Chronic Care Center, l’ambiance est oppressante, chaque porte pourrait cacher une menace.
Pari simple, mais ambitieux : deux campagnes parallèles, deux visions du survival horror. D’un côté, Grace Ashcroft, jeune recrue du FBI. De l’autre, l’incontournable Leon S. Kennedy. Avec Requiem, Capcom signe un épisode qui oscille entre hommage au passé et volonté de modernité, avec des séquences horrifiques et des phases d’action décomplexées.
Ce nouveau Resident Evil tente de séduire tous les joueurs. Après une dizaine d’heures dans des couloirs étouffants, une question demeure : ce double regard sur le survival horror fonctionne-t-il vraiment ?


Dès les premières minutes, Resident Evil 9 : Requiem pose les règles : ici, tout ne sera pas homogène.
La campagne de Grace Ashcroft mise pleinement sur la tension. On progresse lentement, on fouille chaque pièce, on économise ses munitions. Le Rhodes Hill Chronic Care Center devient rapidement un labyrinthe oppressant, presque étouffant. On avance prudemment, en hésitant presque à ouvrir certaines portes, de peur de tomber sur quelque chose qu’on n’aurait pas dû réveiller.



À l’inverse, les séquences de Leon S. Kennedy accélèrent le rythme. Plus agile et mieux armé, le personnage enchaîne les affrontements avec une assurance qui tranche avec la vulnérabilité de Grace. On respire un peu… mais la tension retombe aussi. L’aventure de Leon permet de souffler, mais atténue aussi l’atmosphère oppressante du jeu.
Cette dualité fonctionne mieux qu’on ne pourrait le croire. Les transitions surprennent parfois, mais elles évitent surtout la monotonie. Pourtant, les séquences de Leon paraissent parfois moins maîtrisées : là où l’horreur psychologique domine dans les couloirs du centre, les segments dans la ville donnent parfois l’impression d’adoucir l’expérience. Comme si les deux campagnes appartenaient à des jeux distincts plutôt qu’à un ensemble parfaitement uniforme.
Le jeu construit progressivement un récit à deux voix, reliant les trajectoires de Grace et Leon. L’ensemble reste cohérent, porté par un rythme maîtrisé et quelques révélations bien amenées.
Mais difficile de parler de surprise.
Les habitués de la licence reconnaîtront rapidement certaines ficelles. Le scénario de Resident Evil 9 : Requiem ne prend pas de risques, quitte à donner une impression de déjà-vu. Heureusement, l’intérêt est maintenu grâce aux personnages. Grace apporte un regard neuf et une fragilité crédible à la licence. Leon reste fidèle à lui-même : charismatique, efficace… sans réelle évolution par rapport à ses dernières missions dans Resident Evil 4 et 6.



Manette en main, difficile de prendre Resident Evil 9 : Requiem en défaut. Tout est propre, fluide, maîtrisé. Les environnements sont détaillés, les performances tiennent la route et la direction artistique fait le travail.
Tout fonctionne. Presque trop bien, même.
Quelques animations parfois rigides et moments d’action plus classiques viennent ternir le tableau, rappelant parfois que la formule a déjà été explorée, au détriment d’une véritable innovation.
Mais l’essentiel reste l’ambiance. Et sur ce point, Capcom confirme une nouvelle fois son savoir-faire.
Resident Evil 9 : Requiem n’est pas seulement un « épisode anniversaire » : c’est une véritable célébration des 30 ans de la licence. Capcom nous offre un jeu solide, qui parvient à jongler entre nostalgie et modernité en mélangeant des éléments marquants de la saga. Si son manque de prise de risque l’empêche de marquer durablement les esprits, il n’en reste pas moins une aventure agréable, portée par une ambiance et une structure efficaces.
Un épisode auquel manque ce petit frisson de nouveauté, mais qui nous rappelle pourquoi la série reste une référence du survival horror.

