[Chronique] La marcheuse de Samar Yazbek

Samar Yazbek – Stock (2018) – 304 pages – Contemporain

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Rima aime les livres, surtout Le Petit Prince et Alice au pays des merveilles, le dessin et… marcher. La jeune fille, qui ne parle pas, souffre d’une étrange maladie : ses jambes fonctionnent indépendamment de sa volonté, dès qu’elle se met à marcher elle ne peut plus s’arrêter. Un jour d’août 2013, alors qu’elle traverse Damas en bus, un soldat ouvre le feu à un check-point. Sa mère succombe sous les balles et Rima, blessée, est emmenée dans un hôpital pénitencier avant que son frère ne la conduise dans la zone assiégée de la Ghouta. Et c’est là, dans cet enfer sur terre, que Rima écrit son histoire. À travers la déambulation vive et poétique de cette adolescente singulière dans l’horreur de la guerre, Samar Yazbek continue son combat pour exposer aux yeux du monde la souffrance du peuple syrien.

Mon avis

Bien que Samar Yazbek n’en soit pas à son premier roman, c’est avec « La marcheuse » que j’ai découvert son univers. Dans ce récit, l’auteure s’immisce dans les pensées de Rima, une jeune fille tout à fait singulière qui, en plus d’être muette, ne peut s’arrêter de marcher. Cette enfant qui éprouve tant le besoin de se déplacer se retrouve entravée par une corde partout où sa mère accepte de l’emmener. Le jour où cette dernière meurt d’une balle à un check-point sous les yeux de sa fille, Rima est emmenée par son frère dans la zone assiégée de la Ghouta.

C’est dans cet enfer, cachée dans un souterrain, que la jeune narratrice raconte son quotidien dans l’horreur de la guerre syrienne à un interlocuteur inconnu d’elle-même. Si le style familier et monotone de Samar Yazbek m’a paru surprenant au début de ma lecture, c’est finalement un aspect du récit qui m’a particulièrement marquée. Cette monotonie ne fait que renforcer le sentiment d’emprisonnement et d’étouffement que tente de nous faire passer l’auteure à travers le quotidien du personnage de Rima. Malheureusement, ce style devient assez vite lassant, et, à la fin du roman, il m’oppressait plus qu’autre chose. J’avais hâte de sortir de cette histoire et de me plonger dans une lecture plus légère, malgré le fait que j’aie l’habitude de celles qui relatent des réalités aussi difficiles. Ce sont bien souvent celles qui me font ressentir le plus d’émotions. Néanmoins, le style d’écriture de Samar Yazbek m’a particulièrement rebutée, au point de tourner les pages de manière totalement indifférente face à ce qui se déroulait sous mes yeux.

J’ai également été assez déroutée par le personnage de Rima. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle pour une raison toute simple : la jeune fille ne ressent rien. Ses sentiments paraissent inexistants, même lors d’événements qui semblent particulièrement difficiles pour elle. Pour illustrer mon propos, je vous prends un exemple assez marquant : lors du décès de sa mère au début du roman, Rima ne fait que nous relater ce qu’elle voit, et ne mentionne jamais ce qu’elle ressent. C’est assez déconcertant, car, bien souvent, les personnages sont les éléments clés du récit et je ne me sens concernée par ce dernier que lorsque j’arrive à m’identifier à l’un de ses protagonistes.

Après avoir découvert les cent premières pages de « La marcheuse », j’étais déjà persuadée que ce roman allait s’avérer poignant comme jamais et que j’allais forcément l’apprécier. Je n’ai finalement pas autant accroché à l’histoire que je ne le pensais, et j’en ressors mitigée. La narration s’avère vraiment étrange et dérangeante tout comme le personnage de Rima pour lequel je n’ai pas réussi à éprouver la moindre compassion. Il n’est pas évident d’en éprouver pour un protagoniste qui ne laisse rien transparaître, peu importe la situation…

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« Il manque quelque chose »

Émilie

Je suis passionnée de lecture, jeux vidéo, cinéma et séries TV. Je m'intéresse depuis peu à tout ce qui touche à la papeterie et à la vidéo. J'aime découvrir de nouvelles choses !

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