[Chronique] Jonas Fink : la fin traduite après plus de 20 ans

 

Vittorio Giardino – Casterman (2018) – 142 & 178 pages – BD & Historique

Une dénonciation poignante du système totalitaire qui régnait derrière le rideau de fer. Prague, automne 1950. Jonas a 11 ans quand son père est arrêté par la police politique du régime. Déclaré « ennemi du peuple », il est chassé de l’école et doit trouver un travail pour subsister. L’insouciance de l’enfance lui est désormais interdite. Une dénonciation poignante du système totalitaire de l’ancien bloc de l’Est, prix du meilleur album au festival d’Angoulême 1995.

Mon avis

Vittorio Giardino l’explique dans sa préface très instructive : « Ennemi du peuple » regroupe les deux premiers épisodes de cette histoire parus en version française en 1994 pour le tome 1 « L’enfance », et en 1997 pour le tome 2 « L’apprentissage ». « Le libraire de Prague », quant à lui, est la suite et fin des deux premiers tomes qui a été attendue durant plus de vingt ans ! C’est remplie de curiosité que j’ai ouvert cette BD que je ne connaissais pas du tout et je n’ai pas été déçue de ce que j’ai découvert.

Nous sommes plongés dans une chronique de la vie en Tchécoslovaquie communiste au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. À travers le quotidien de Jonas Fink, nous découvrons qu’il n’est pas bon d’être un intellectuel à l’époque. Le récit nous raconte l’état d’esprit et l’atmosphère dans laquelle vivaient les habitants de Prague dans les années 50. J’ai beaucoup aimé le fait que l’auteur prenne son temps pour décrire à la fois le contexte historique dans lequel évolue notre jeune héros, mais également les destins personnels des personnages que nous suivons. Un style de narration qui rend l’histoire d’autant plus réaliste.

Le dessinateur italien a le trait fin, tout en précision et clair. Les personnages sont presque totalement dépourvus d’ombres, mais cela n’empêche pas une certaine crédibilité graphique et une forme de perfection dans les dessins de ce double volume.

Si, comme moi, vous avez raté les éditions de 1994 et 1997, ou si vous souhaitez découvrir la suite des aventures de Jonas Fink, je vous conseille vivement de vous procurer cette BD. C’est un véritable plaisir de se plonger dans une histoire rappelant qu’encore aujourd’hui les livres sont l’avenir de l’être humain et je suis très heureuse de ne pas avoir dû attendre 20 ans pour découvrir la suite de ce récit.

« On a adoré »

Merci aux éditions Casterman de m’avoir permis de découvrir ces BD.

Émilie

Je suis passionnée de lecture, jeux vidéo, cinéma et séries TV. Je m'intéresse depuis peu à tout ce qui touche à la papeterie et à la vidéo. J'aime découvrir de nouvelles choses !

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